Syndrome d'Aliénation Parentale, appelé aussi SAP


L'aliénation parentale

Avocate à Paris

Sept petits bleus...
Laura a huit ans et sept petits bleus. Trois sur la jambe droite et quatre sur la jambe gauche. Le plus gros mesure un centimètre... Hier, comme tous les jours, elle a fait du vélo, joué dans la cour de récréation, chahuté avec son petit frère. Pourtant, à cause de ses sept petits bleus, sa maman la conduit au commissariat.

Il faut dire que Laura n’est plus la même depuis quelques temps, ses parents divorcent et la bataille est rude. Elle le sait et le ressent jusqu’au plus profond de son être.

Calmement, très calmement, elle explique qu’elle ne veut plus aller chez son père car “il est très méchant avec elle et il la frappe “. Son regard est froid et déterminé. A côté d’elle, sa mère pleure et explique que son mari a un droit de visite et d’hébergement mais que désormais, elle préfère se mettre “hors la loi” plutôt que de lui confier l’enfant.

L’enfant est examinée par un psychiatre qui conclut à une possible maltraitance physique et / ou psychique et relève la peur ”d’une ampleur anormale” que ressent Laura à l’idée de la perte de sa mère.

Quelques semaines après, le père, Alain est placé en garde à vue. Bouleversé, il explique qu’il est très attaché à ses enfants et est incapable de les maltraiter, que les dernières vacances se sont bien passées mais qu’il sent bien que Laura a changé. Il dénonce la manipulation maternelle visant uniquement à faire échec à ses droits.

Il est placé sous contrôle judiciaire avec interdiction de voir l’enfant et est renvoyé devant le tribunal correctionnel.

Parallèlement, la procédure de divorce avance. Une expertise médico-psychologique des parties ordonnée par le juge aux affaires familiales est en cours.

L’expert désigné, psychologue des hôpitaux et spécialiste des conflits parentaux, s’applique, informé des accusations de Laura. Il reçoit le père, la mère, les enfants et examine avec soin les certificats médicaux. Il n’hésite pas à retranscrire les propos de Laura et conclut qu’elle n’est pas crédible, n’exprime pas sa subjectivité propre et incarne l’anxiété maternelle.
Il considère sue ses propos sont adressés d’une manière pathologique et qu’ainsi “ils évoquent un syndrome d’aliénation parentale“.

Ce syndrome a été identifié au CANADA, nommé et étudié par Richard GARDNER, professeur de pédopsychiatrie à l’université de COLUMBIA dès 1986.


Depuis près de vingt ans, fort de son expérience d’expert dans des centaines de dossiers conflictuels, ce spécialiste de l’enfant a développé une thèse à laquelle de nombreux psychologues, psychiatres, médiateurs, avocats et magistrats adhèrent aujourd’hui.

Le aliénation parentale est un détournement affectif.

Plus précisément, c’est un désordre psychologique dont sont atteints certains enfants se trouvant au centre de procédures conflictuelles au cours desquelles l’un des parents (souvent la mère car c’est à elle que sont confiés principalement et le plus souvent les enfants) effectue très habillement et minutieusement un véritable “lavage de cerveau” visant à détruire l’image de l’autre parent. Par une campagne de dénigrement subtil, il conduit l’enfant à rejeter, voir à diaboliser l’autre parent qu’il aimait auparavant. Comme en publicité, le succès de l’opération dépend de la répétition du message et de l’intensité avec laquelle l’enfant est soumis à ce traitement.

Il est alors impératif de “déprogrammer” l’enfant et de le libérer de l’emprise du parent aliénant. Seule la fermeté des juridictions peut caser cette emprise et sauver l'enfant. Les juges doivent l’affranchir du sentiment de peur et de trahison qu’il ressent à l’égard du parent aliénant. L’angoisse de l’enfant, c’est l’abandon du parent aliénant avec lequel il fait corps.

L’expert qui a examiné Laura conclut à une possible maltraitance physique et / ou psychique et insiste sur la peur surdimensionnée que la petite fille a à l’idée de la perte de sa mère.

Cette peur viscérale de l’abandon conduit les enfants aliénés à manipuler, juste pour survivre.

Ils développent un sens aigu de la vigilance pour ne pas déplaire au parent aliénant. Ils deviennent experts avant l’âge pour décrypter l’environnement émotionnel, dire des vérités partielles et enfin s’enliser dans des mensonges. Ce sont des stratégies de survie qu’ils ont été obligés d’apprendre afin de préserver la paix à la maison et éviter les attaques émotionnelles du parent gardien aliénant.

Il s’agit d’une véritable maltraitance, sans aucune trace physique, car cette maltraitance est uniquement psychique suscitant un traumatisme qui se poursuivra à l’âge adulte avec tous les dégats affectifs que le trauma aura provoqué.

Le détecter nécessite une bonne connaissance du sujet et ce, d’autant plus que le profil du parent aliénant constitue à lui seul une entrave. Car ce parent est le plus souvent subtil, intelligent, et ne s’oppose jamais ouvertement.

                                     Quatre critères ont été dégagés pour détecter cette maltraitance :

                                                1. l’entrave à la relation et au contact,
                                                2. les allégations non fondées d’abus en tous genres,
                                                3. la réaction de peur des enfants et
                                                4. la détérioration de la relation entre les parents depuis leur séparation.

Ce dernier critère est un élément essentiel dans l’évaluation de la situation.

En ce qui concerne Laura, il n’y a aucun doute. Avant le tumulte de la procédure, elle était très attachée à son père. Normal... il était proche d’elle partout, à l’école, à la danse, à la kermesse.

A la relation tendre et affectueuse que le père et l’enfant entretenaient, cette proximité ajoutait une complicité qu’Alain croyait indestructible. Il en parle avec émotion.

Pour sa défense devant le Tribunal Correctionnel, un volumineux dossier est préparé dans lequel sont glissés les derniers écrits sur le sujet, des décisions américaines, canadiennes, israéliennes mais surtout celle du juge BEAUDOUIN de la Cour d’appel du QUEBEC qui a ordonné le changement immédiat de résidence d’une enfant victime du syndrome avant qu’elle ne soit irréversiblement contaminée.

Sont inclus également le compte-rendu de la conférence de FRANCFORT qui a réuni 300 spécialistes de 14 pays venus réfléchir au Syndrome d’Aliénation Parentale, l’arrêt ELSHOLTZ de la Cour Européenne des Droits de l’Homme faisant référence à...

Par Maître Dominique CHARLES, avocate à Paris

Un couple au tribunal le 5/06/2013 pour une mort suspecte de son fils.
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